
Durant les deux dernières décennies, l’Académie Adivasi a mis en place une approche culturelle d’ensemble encourageant l’autonomisation de la communauté Adivisi dans les domaines de la Culture, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et de l’économie. En effet, les paramètres culturels peuvent jouer un rôle clef en matière de développement ; en particulier dans la lutte contre l’exclusion sociale.
Démarrage : 1996
Lieu de réalisation : État de Gujarat, Inde
Centre Bhasha de Recherche et Publication
Vadodara – 39000737 Shrinathdham Duplex, Opp. Shrinagar Society Behind Dinesh Mills,
Toute intervention durable de développement requiert la mise en relation des perspectives diachronique et synchronique. Cette expérience concerne 2 communautés : Les Adivasis ainsi que les tribus nomades et les tribus « libérées de l’obligation de notification » (‘Denotified and Nomadic Tribes’ – DNTs, inscrites dans l’Histoire coloniale indienne). Ces catégories défavorisées sont davantage touchées que la moyenne nationale par l’analphabétisme, la mortalité infantile, l’insécurité alimentaire, l’endettement, la migration non rentable, les difficultés pour accéder aux crédits, à l’éducation formelle et à la santé.
« Bhasha » est un Centre de Recherche et Publication pour la documentation et l’étude littéraire en langues Adivasi fondé en 1996. Lors de sa création, son objectif ultime était de rédiger et publier 50 volumes bilingues de littérature Adivasi. Il cherchait principalement à défendre, à faire reconnaitre et à valoriser la culture Adivasi. C’est pourquoi Bhasha a lancé un programme multidisciplinaire intervenant dans les domaines de la Santé, des Droits de l’Homme, de la Sécurité alimentaire, de la Finance et de l’Éducation.
– Création d’un magasine oral (le « Dhol ») et d’une émission magasine radio
– Les collaborateurs adivasis ont apporté des autobiographies, des poèmes, des essais et des études anthropologiques de leurs communautés
– Création d’une maison d’édition et de distribution petite, mais spécialisée (« Purva-Prakash »)
– Analyse des statistiques de l’anémie falciforme au Gujarat afin de combattre les fièvres d’origine palustre (modèles mathématiques sur 2 ans)
– Mise en place d’un programme de soins (« Prakriti ») et création d’une petite clinique fonctionnelle
– 1998, formation du DNT-Rights Action Group (Groupe d’Action pour les Droits des DNT – la première campagne nationale pour défendre la cause des tribus nomades et des tribus « libérées de l’obligation de notification ») afin d’abolir la Habitual Offenders Act et de procurer aux DNT des systèmes de protection juridique
– 1999, création d’une banque de céréales pour les femmes adivasis afin de lutter contre l’insécurité alimentaire
– Création d’une troupe de théâtre (« Budhan ») : 4 festivals culturels (« Melas ») dans 4 différentes localités du Gujarat
– 1999, mise en place de Groupes d’Aide Autonome pour les projets de micro crédits (micro-credit Self-Help-Groups – SHGs) pour comprendre et accepter le système bancaire formel
– Création d’écoles de soutien pour enfants (80 villages) : Académie Adivasi de Tejgadh (1999). Enseignement de “The study and understanding of how the Adivasis perceive the world” (2000 – étude et compréhension de la manière de voir le monde des Adivasis) : formation courte (microfinance) et cours de diplôme (Droits tribaux, Sécurité alimentaire et développement, Publication et journalisme rural, Arts tribaux et études muséales). Puis, les étudiants doivent se rendre dans les villages et les SHG, les banques de céréales et les banques d’eau pour faire la promotion de l’énergie solaire et de l’agriculture biologique
– Après deux ans, « Dhol » a commencé à exister dans 10 langues adivasis. 700 exemplaires de Chaudhari language Dhol ont été vendus en moins d’une heure dans le village de Padam-Dungri du Gujarat du Sud
– Analyse médicale : près de 34 % des Adivasis du Gujarat sont porteurs de maladies génétiques qui sont symptomatiques chez environ 3,5¨% de la population.
– Théâtre : Les artistes adivasis et nomades se rendent seuls dans les localités, où des milliers de personnes venant de tous les États participent aux évènements
– 2011, 2 200 SHG avaient été mis en place, impliquant près de 25 000 familles et une capacité financière d’environ 2 millions de dollars américains
– Une tentative consciente de récupération de la mémoire culturelle des communautés nomades et adivasis
Bhasha a su modifier ses programmes, en particulier ses actions de terrain, afin de les adapter aux difficultés des populations adivasis. Si à ses débuts le programme se concentrait sur des actions culturelles, il a embrassé avec la participation des citoyens la Santé, les Droits de l’Homme, la Sécurité alimentaire, la Microfinance et l’Éducation.
La Commission nationale des Droits de l’Homme et plusieurs ministères du gouvernement central
La campagne de Bhasha pour les droits des DNT a entraîné de vives réactions (diabolisations, violences et vandalismes politiques envers les tribus nomades et les tribus « libérées de l’obligation de notification »)
Utilisation du théâtre pour des actions de sensibilisation
– Purva-Prakash était le premier programme de publication communautaire pour les Adivasis et les DNT
– Le Théâtre est probablement le meilleur outil culturel pour sensibiliser les communautés aux relations et aux interdépendances entre les droits économiques, sociaux et culturels des divers secteurs sociaux en concurrence et en conflit
– Toutes les interventions ont été entièrement gérées par les communautés adivasis ou DNT pour lesquelles elles avaient été imaginées. Cette appropriation correspond probablement au facteur le plus significatif et précieux de l’expérimentation de l’Académie. Ainsi, il pourrait être importé dans toute communauté du monde souffrant d’un manque d’accès et d’une marginalisation.
La constitution de banques de céréales sans aucune contribution gouvernementale et uniquement par la participation locale.
“Culture and Development, an Experiment with Empowerment”, FACTS Reports (2013)
De plus amples informations sur le Criminal Tribes Act 1871 sont disponibles dans le rapport non publié de 2006 du Groupe Technique Consultatif (TAG – Technical Advisory Group) sur les tribus nomades, semi-nomades et « libérées de l’obligation de notifica
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**