Observatoire

Le Collectif

Les fées du potager est un collectif de 8 maraîchères gersoises et des départements limitrophes, partageant les mêmes valeurs éthiques (morales et environnementales), engagées dans une démarche collective pour transformer les produits issus de leurs fermes et les promouvoir dans un cadre d’entraide mutuelle et de solidarité.

Auteurs(s)

Fiche rédigée par Sandra Fillol-Valero (ADEAR)

Programme

Démarrage : 2013

Lieu de réalisation : Gers

Budget : 2300

Origine et spécificités du financement : Auto-financement et subvention

Organisme(s)

Les fées du potager

Auch – 32000

1 rue Dupont de l’Eure

10Bénévoles

8Adhérents

ORIGINE ET CONTEXTE

Le collectif « Les fées du potager » est né du projet APPR’AUCH, initié par l’ADEAR du Gers, le Pays d’Auch et la CCI du Gers dans le cadre du programme « Territoire et Gouvernance Alimentaire ». Après un diagnostic, il est apparu que l’offre de produits transformés en local était très réduite du fait qu’aucun outil n’était disponible sur le territoire pour transformer les fruits et légumes. A partir de ce constat, une enquête a été réalisée afin de connaître le nombre de producteurs intéressés par un projet d’atelier de transformation. Il est apparu que des maraîchères souhaitaient étudier la possibilité de commercialisation de leur production (pour la plupart des surplus de production) en produits transformés de manière collective (lorsque le choix de développer la transformation de fruits et légumes se fait de manière individuelle, les investissements s’avèrent coûteux et difficilement rentabilisables).

Objectifs

Le projet du collectif « Les fées du potager » vise à développer de nouvelles formes d’organisation collective et solidaire, à valoriser la qualité des savoir-faire locaux et ruraux, à conforter les exploitations maraîchères et à favoriser ainsi le maintien de l’emploi dans le domaine agricole sur le territoire (emploi féminin notamment). Cette initiative répond aussi à l’objectif de réappropriation et de relocalisation de la fonction alimentaire sur notre territoire. D’un point de vue opérationnel, le projet vise à susciter et développer la mutualisation de moyens (logistique, ateliers, main d’œuvre, compétences) en démontrant l’intérêt des démarches collectives dans le secteur agricole pour permettre à des maraîchers de diversifier leur activité par la transformation agroalimentaire en conditions réelles, tout en leur offrant des débouchés et en développant des partenariats.

ACTIONS MISES EN OEUVRE

– Constitution du collectif et validation de l’opportunité de projet (septembre 2012 / mai 2013): mise en place d’un groupe de travail participatif avec les maraîchères.
– Participation à une Formation Action ADEPFO pour confirmer la rentabilité théorique de différents produits transformés pour la vente en circuits courts, définir les besoins de transformation des producteurs, rédiger une charte de fonctionnement, créer une marque collective « Les fées du potager ».
– Mise en place d’une phase test « grandeur nature » de septembre 2013 à janvier 2014 (partenariat noué avec l’exploitation agricole de Mirande : utilisation de leur atelier) pour améliorer la technicité des producteurs, adapter les recettes à un contexte professionnel, définir des modalités d’organisation du collectif.
– Conception d’un logo
– Commercialisation des premiers produits à la Biocoop d’Auch
– Participation au concours national de la transformation agroalimentaire bio et différents événements : dégustation pour l’anniversaire de la Biocoop d’Auch, festival Jazz In Marciac, les apéritifs du Pays Portes de Gascogne.
– Structuration juridique du collectif (depuis mars 2014)

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– Etude : définition des besoins de transformation des producteurs par rapport à leur projet d’exploitation, réalisation d’une étude de marché et définition d’une stratégie de développement de projet.
– Organisation collective : rédaction d’une charte de fonctionnement, création d’une marque collective « Les fées du potager », réalisation de commandes groupées, organisation de formations professionnelles, mise en place de partenariats avec les établissements d’enseignements agricoles. Développement de la gamme de produits transformés (dips, légumes au naturel, soupe, …).
– Communication : réalisation d’un catalogue et d’une plaquette, articles dans la presse.
– Impacts socio-économiques : implication sociale des producteurs et création de lien entre les membres du groupe, apport économique de la transformation.

Originalité

Utilisation de la potentialité de la transformation des légumes pour créer un modèle économique innovant, favorisant la créativité, la mutualisation, l’échange et la mise en commun des savoir-faire, la solidarité. Le projet offre aux productrices la possibilité de mettre en œuvre une activité à fort potentiel créatif (développement de gamme, innovation produits), avec un investissement raisonnable (mutualisation) et une grande autonomie (unité de transformation locale régie par une convention de partenariat avec le CFPPA), tout en pouvant s’appuyer sur un soutien des différents acteurs engagés dans la démarche et un réseau de consommateurs tenus bien informés (réseau biocoop, association de consommateurs…). La créativité gustative existante au sein du groupe amène à cuisiner des produits aux saveurs nouvelles et innovantes. Il en découle un grand intérêt du public consommateur pour ces premières fabrications qui est en attente des prochaines nouveautés.

Partenariat(s)

Le partenariat avec le CFPPA permet une rationalisation d’un outil existant. Pour les établissements agricoles, il s’agit d’une opportunité d’un point de vue pédagogique par la valorisation du travail réalisé par le collectif « Les fées du potager » auprès des étudiants. À l’heure actuelle, une réflexion est cours au sein de l’EPL de Mirande pour développer un module « transformation agro-alimentaire ». Un large partenariat a été constitué afin de construire collectivement les stratégies à mettre en place. Cette gouvernance allie différents acteurs locaux :
– publics et institutionnels : Chambre de Commerce et d’Industrie du Gers, Chambre d’Agriculture du Gers CFPPA du Gers, Conseil Général du Gers, Pays d’Auch, Pays Portes de Gascogne.
– du milieu associatif en lien avec les professionnels de l’agriculture, de l’alimentation, du tourisme… : ADEAR 32.
– du milieu associatif en lien avec les consommateurs : UFC Que Choisir 32.
– de la sphère économique : Biocoop d’Auch

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

– Volet économique du projet : investissements coûteux
– Volet sanitaire : absence de formation en transformation agro-alimentaire des producteurs notamment sur le suivi sanitaire et la traçabilité des produits
– Volet développement d’une gamme de produits : absence de formation
– Volet humain : le facteur humain est un élément clé du projet et il est nécessaire d’amener les acteurs à se connaître (inter-connaissance) et à se reconnaître autour de valeurs communes (territoire, respect de l’environnement, savoir-faire, qualité).

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

– Volet économique : dimensionnement juste du projet, mise en place d’un accompagnement adapté. Mutualisation des outils en mettant en place une démarche collective de transformation (phase de test, entraide réciproque). Mise en place d’un outil informatique simple pour la mutualisation des achats de consommables et la gestion de l’utilisation de l’atelier de transformation.
– Volet sanitaire : formation collective afin d’avoir le même niveau d’information (professionnalisation) (formation VIVEA).
– Volet développement de gamme : mise en place d’action de formation avec le CTCPA
– Volet humain : constitution d’un groupe soudé avec un partage de valeurs communes, programmation de réunion régulière et rédaction collective d’une charte.
– Communiquer sur le projet pour soigner son image de marque (participation à des concours, articles dans la presse, contact avec les partenaires, réalisation en cours d’un catalogue produits et d’un flyer..).

Améliorations futures possibles :

Le collectif est à la recherche d’un local permettant la centralisation et l’organisation de la vie collective de l’atelier (stockage de consommables, stockage du petit matériel de transformation..).

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

– Le groupe « Les fées du potager » s’est structuré autour d’un objectif partagé qui est un préalable à la construction d’un projet collectif. Il est également primordial de fixer un cadre (par exemple écriture d’une charte) auquel il est possible de se référer à tout moment si besoin.
– Il est nécessaire d’étudier finement la faisabilité technico-économique du projet (investissement, temps de travail, organisation, contraintes…) afin que chaque participant connaisse le niveau d’engagement que nécessite un projet collectif.
– L’accompagnement est aussi un facteur de réussite animation du collectif, organisation de formation professionnelle, mise en réseau des acteurs, communication sur le projet en continu par différents canaux de communication…). La méthodologie d’accompagnement et de développement de ce projet est retracée dans un guide, permettant ainsi mutualisation de l’expérience du groupe « Les fées du potager ».

Idées de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

Il serait intéressant de mener une étude sociologique sur l’impact entre participation à un projet collectif dans le monde paysan et qualité de vie (bien-être, revenu, …).

Références

MARECHAL F. «Analyse de la dimension organisationnelle des ateliers de transformation collectifs de produits agricoles», mémoire de fin d’étude, 2013.
DROZ VINCENT C. « Quelle réglementation et comment gérer les aspects sanitaires dans un atelier collectif » Projet Atomic, 2011.
POISSON M et al. « Initiatives collectives de producteurs : entre trajectoires individuelles et projet collectif », Les carnet pro de liproco, 2010.
SYLVANDER B. « Le marché de l’agro-alimentaire paysan. Situation actuelle et perspectives », Toulouse, INRA ESR, 1989.
FD CUMA. « Coopérer pour développer les circuits courts », mai 2012.
FD CUMA. « Atelier de transformation, en groupe se lancer dans les circuits courts », 2010.
LOZE H. « Un atelier de transformation collectif sur le Pays des vallons de Vilaine », mémoire de fin d’étude, 2013.
DELEVERS L. « Les ateliers de transformation collectif : des outils pour la diversification des exploitations agricoles », mémoire de fin d’étude, 2013.

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
2014-10-10
Localisation
France
gers
Domaine
EnvironnementAgricultureRéseaux, coopérations
Type de structure
Association, collectif, ONGParticulier(s)
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Femmes
Type d’action
Transformation produits de niche / terroir
Type d’objectif
Création et renforcement du lien socialValorisation du patrimoine technique (savoir-faire)Maintien et/ou création direct(e) d’emplois
Localisation
Licence

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**